Alors que les avis d'imposition français arrivent, découvrez comment naviguer le défi complexe des 18,6 % de prélèvements sociaux et leur éligibilité au Foreign Income Tax Offset (FITO) auprès de l'ATO.
Avertissement : cet article est de nature éducative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Consultez un conseiller agréé ASIC pour toute décision adaptée à cette situation.
En ce 7 août 2026, les expatriés français résidant en Australie se retrouvent à la croisée des chemins fiscaux. D’un côté, l’administration fiscale française (DGFiP) vient de commencer l’envoi des avis d’imposition 2026 sur les revenus de 2025. De l’autre, la période de déclaration de revenus en Australie (tax season 2025-26) bat son plein. Cette année, le dossier est particulièrement brûlant : la hausse confirmée des prélèvements sociaux à 18,6 % pour les non-résidents hors UE/EEE crée une pression fiscale inédite, tandis que l’Australian Taxation Office (ATO) maintient une position nuancée, voire conflictuelle, sur l’éligibilité de ces charges au crédit d’impôt étranger.
Ce que couvre cet article
- Le décryptage de la hausse à 18,6 % et la distinction avec l’impôt sur le revenu.
- L’analyse critique de l’éligibilité au FITO (Foreign Income Tax Offset) selon l’ATO.
- L’impact de la dépréciation de l’euro (taux indicatif de 0,61) sur vos obligations.
Le contexte macro-économique : Un double effet de ciseaux
Pour les propriétaires expatriés, l'actualité immobilière vient s'ajouter aux préoccupations fiscales. Selon les dernières données de CoreLogic (août 2026), le marché immobilier australien connaît son premier ralentissement généralisé depuis 2022, avec une baisse nationale des prix de 0,7 % en juillet. Sydney et Melbourne subissent des corrections plus marquées (-1,4 % et -1,2 %). Dans ce contexte de baisse de la valeur des actifs en Australie, la rentabilité de votre parc immobilier en France devient cruciale. Or, cette rentabilité est grignotée par une fiscalité française qui ne cesse de se durcir pour les résidents de pays tiers comme l’Australie.
La structure de l’avis d’imposition 2026 : 18,6 % de pression sociale
Lorsque vous recevez votre avis d’imposition en France, vous observez deux colonnes distinctes. La première concerne l’impôt sur le revenu (IR), calculé selon le barème progressif avec un taux minimum de 20 % (ou 30 % selon les tranches). La seconde, souvent la plus douloureuse, concerne les 'prélèvements sociaux'.
- La disparité UE vs Reste du monde : Les résidents de l’Espace Économique Européen bénéficient d’un taux réduit de 7,5 % (prélèvement de solidarité). En tant que résident australien, vous n’y avez pas droit.
- Le poids de la PUMa : Depuis janvier 2026, la contribution à la Protection Universelle Maladie est pleinement intégrée, portant le total des prélèvements à 18,6 % pour les revenus fonciers des non-résidents hors UE.
- L’impossibilité de déduction : Contrairement à l’impôt sur le revenu, ces prélèvements ne sont pas progressifs ; ils frappent le premier euro de bénéfice foncier.
Indicateurs Fiscaux et Change 2026
Source: Service-Public.fr / Bloomberg / ECB / CoreLogic Data 2026
Le défi du FITO : Pourquoi l’ATO résiste
C’est ici que le bât blesse pour l’expatrié en Australie. Pour éviter la double imposition, vous comptez sur le Foreign Income Tax Offset (FITO). En théorie, l’impôt payé en France doit venir en déduction de l’impôt dû en Australie sur ces mêmes revenus fonciers. Cependant, l’ATO fait une distinction sémantique et juridique entre l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux (CSG/CRDS).
La position de l'ATO
L'ATO considère souvent que la CSG/CRDS n'est pas un 'impôt sur le revenu' au sens strict de la convention fiscale entre la France et l'Australie, mais une contribution de sécurité sociale. Par conséquent, elle refuse parfois son utilisation comme crédit d'impôt (FITO).
L'argument des contribuables
La jurisprudence française et certaines décisions européennes (arrêt de Ruyter) ont clarifié que ces prélèvements présentent un lien direct avec les lois de financement de la sécurité sociale. Toutefois, pour un résident australien, l'argument consiste à prouver que ces charges sont prélevées sur le revenu et perçues par l'État, remplissant ainsi les critères d'un impôt étranger créditable.
Piège de change et calculs de conversion
Pour votre déclaration australienne 2025-26, vous devez convertir vos revenus nets et vos impôts français en dollars australiens (AUD). Au 7 août 2026, le taux de change tourne autour de 0,61 (indicatif). Un impôt de 10 000 euros payé en France représente donc une charge de 16 393 AUD. Si l'ATO refuse le crédit d'impôt sur la portion des 18,6 %, votre facture fiscale totale (France + Australie) peut s'envoler, car l'Australie taxera le revenu brut sans tenir compte de la 'contribution' payée en France.
Stratégies pour votre déclaration 2025-26
Face à l’incertitude de l’ATO, la documentation est votre meilleure défense. Il est crucial de ne pas simplement agréger toutes les taxes françaises sous une seule ligne. Nous recommandons de :
- Isoler les montants : Séparez clairement sur vos feuilles de calcul l'impôt sur le revenu (IR) et les prélèvements sociaux.
- Référence à la convention : Préparez une note mentionnant l'Article 24 de la convention fiscale France-Australie pour soutenir votre demande de FITO.
- Anticiper la Taxe Foncière : Rappelons que les avis de taxe foncière arrivent également ce mois-ci avec une hausse de 0,8 %. Contrairement aux prélèvements sociaux, la taxe foncière n'est jamais créditable en FITO, mais elle est déductible des revenus fonciers en Australie en tant que dépense d'exploitation.
La gestion fiscale d’un patrimoine cross-border entre la France et l’Australie demande une précision d’horloger. Avec une RBA qui devrait maintenir ses taux à 4,35 % le 11 août prochain, le coût de l’endettement reste élevé, rendant chaque optimisation fiscale indispensable pour maintenir votre cash-flow immobilier positif.
Pour analyser votre situation personnelle à la lumière de ces évolutions, n'hésitez pas à me contacter pour une consultation.